Canvas Collectie

Après l’initiative de la R.T.B.F. qui eut l’idée d’organiser un rassemblement d’oeuvres d’art produites non seulement par des professionnels mais par tout autre amateur avide d’exprimer ses sentiments artistiques (le risque était grand d’y trouver de tout).

J’ai cru naïvement que cette première à l’échelon national aurait été plus accueillante envers toutes les formes d’expression figuratives ou autres plus classiques.

Mais, il est navrant de constater, qu’au départ préexistait un concept écartant toute représentation trop figurative au autres expressions plus ou moins classiques qui ne répondraient pas à des critères établis par les initiateurs. On observera attentivement les oeuvres retenues exposés aux Beaux-Arts.

Quels critères?

Sur quels critères ont jugé les jurys étant donné que, n’ayant jamais été défini l’art n’existe pas. Aujourd’hui tout est art!

Un mot d’ordre semblait planer sur les participants informés des innombrables «ismes» et les modes répandus dans le monde des arts: galerie, maison de la culture, musées d’art contemporains, etc. Il semblerait que le critère principal d’acceptation ait été: être original, amoral, schizophrène, et surtout autodidacte infantilisant.

Ou peut-être sur la valeur des démarches: liberté totale (c’est dans le vent), dans le choix des moyens techniques mis en oeuvre, composition, présentation argumentée ou autre version inattendue. Chaque participant pouvait argumenter sa démarche (on a entendu de tout, à rire ou à pleurer), tous très volubiles et convaincants. A les entendre, on serait tenté de tout admettre. Pauvre jury.

Devant ce bric à brac, les jurys étaient d’une patience admirable. Etaient-ils informés des critères imposés ou étaient-ils libres de leurs appréciations?

Dans ce bêtisier, on trouve vulgarité et bêtise encouragés par les mots d’ordre contemporains. Absence et tout contrôle exercé par la raison hors de toute préoccupation esthétique et morale. Dada et le surréalisme avait rêvé de faire du fou le modèle d’une société non institutionnelle.

Les artistes participants semblaient, lucidement ou non, être pénétrés de la valeur de tous ces mots d’ordre contemporains plus qu’éphémères. On constate avec consternation que c’est au nom d’une démocratisation de la culture qui entendait apporter une paix joyeuse au futur de l’humanité, qu’on proclame le mépris de l’héritage culturel.

Force est de constater que cette imposition s’adresse à des déshérités. Nos penseurs éclairés réclament de l’homme (élèves dans les écoles d’art) qu’il manifeste sa créativité mais cette demande est adressée à des analphabètes qui ont condamné tout ce qui précède (naître sans père). On aurait dû suivre les harangues du café Voltaire. Brûler les musées et les bibliothèques (c’eût été plus honnête et plus simple)

Lire avec intérêt Jean Clair «Du surréalisme dans ses rapports au totalitarisme aux tables tournantes»

http://www.freechantal.com/speakoutdocs/20041023sam.htm

Au vu des résultats (attribution des récompenses), je me suis réjoui de constater que le public pouvait encore estimer une oeuvre valable parmi les bêtises.

Quant au grand prix (choix du jury), il est sans commentaire et parmi les nominés, les choix étaient discutables.

Ceci étant dit, je regrette encore:

  • qu’on ait assimilé professionnels et «amateurs»
  • qu’on ait écarté toute figuration en peinture traitée d’une façon plus classique bien sûr sans rapport avec un «académisme».

Ces peintres sont des contemporains qui ayant été exclus incline le public à conclure que toute peinture figurative est devenue marginale et, à priori, sans intérêt.

Ici, les organisateurs se sont trompés!

Il faut reconnaître que le photomontage, procédé très technique était mis en évidence, c’est normal, mais en excluant tout concept réalisé en peinture ou en sculpture, on a abusé le public qui croit que ces moyens d’expression sont disqualifiés. Je sais que c’est une grave erreur; une certaine littérature tend a les réhabiliter (J. Clair, Steiner, le professeur Harouel) et a rendre leur intérêt dans ce contexte contemporain.

Pour conclure, l’initiative a permis de faire le point et que critique et public se méfient des «artistes» opportunistes qui «s’imagineraient» que choquer à tout prix leur ouvriraient les portes d’un succès immédiat et éphémère

Roger COPPE

Peintre contemporain

Novembre 2011