Manifeste des Réformateurs

Page 39  « La culture »

Il est triste de constater qu’il existe un «ART OFFICIALISÉ ».

Celui-ci s’inspire des «ISMES» innombrables issus des philosophies des XXe et du conflit U.S.A. Nazisme et communisme.

Pour être un artiste contemporain reconnu, il convient d’être paranoïaque, anormal, et surtout INFANTILE, autodidacte pour être courtisé par nos PENSEURS ÉCLAIRÉS.

Les satellites de l’abstraction foisonnent, les conceptuels (fainéants de l’art disait Rouault), admirateurs du déchet, adeptes de l’abomination, sont montrés en exemples au citoyen qui s’offusque mais se tait.

Ce sont les ersatz qui ont l’honneur des cimaises, galeries inféodées. Dans les grands musées d’ART CONTEMPORAINS qui naissent partout tel le GRAND HORNU (superbe architecture), le MAC et tant d’autres vides de sens.

Est-ce à la portée du plus grand nombre ?

La diversité enrichissante devient un MYTHE.

Ceux qui résistent (ils sont nombreux) a cette forme d’attrait et qui travaillent suivant leur sentiment, à partir de la nature, qui restent en un mot FIGURATIFS sont exclus des cimaises officielles et des galeries inféodées; ils sont traités de

RINGARDS RÉTROGRADES. Ils sont interdit d’exposer et donc de les reconnaitre ?

La production d’oeuvre s’est emparée de cette modernité et la diffuse sans modération à leur plus grand profit. La consommation ingurgitée aveuglément sans sens critique. On n’a plus le droit d’avoir un sens critique!

On n’a plus le droit d’ÊTRE SOI-MÊME.

L’enseignement a démissionné honteusement: les cours de dessin et d’esthétique sont oubliés dans le secondaire et, dans les académies on néglige le savoir (il empêcherait l’inspiration) seul le vouloir importe on y entend de tels sophismes. Dès que vous prenez un pinceau en main, vous êtes un artiste tout ce que vous produirez est génial, ne regardez pas derrière vous. Il faute naître sans père sous peine de perdre votre génie. L’idéal aurait été de brûler les bibliothèques, les musées suivant les harangues des surréalistes au Café Voltaire à Zurich.

Depuis, on a exposé la MERDE D’ARTISTE et des déchets humains W. Delvoye, la machine à caca, J. Fabre le palais royal, Buren Bleu et blanc Les moules et l’os de

Brootharts etc.

L’art est boudé par le commun des mortels lequel s’en désintéresse n’y comprenant rien. Il le reconnaît. Qu’est-ce que c’est une OEUVRE DE QUALITÉ ? Qui enseigne encore la lucidité d’esprit associée à l’intuition à la sensibilité ? Le regard s’enseigne dans le milieu familial dès le plus jeune âge, à la maison où règne souvent en maîtresse la télé qui, malheureusement, programme des banalités ou des inepties. La musique devient l’art du bruit qui provoque l’envoutement des jeunes avides de défoulement collectifs.

APPEL à la tolérance … OH OUI ! Mais pas à sens unique.

L’ouverture au monde et aux autres cultures exclut les vaines comparaisons y sommes-nous préparés ? Les PETITS MALINS exploiteurs de la bêtise pas seulement celle du citoyen mais celle des opportunistes à l’affut de bonnes affaires. Ils savent reconnaître la prétention, le culot de certains «artistes» pour les promotionner et les répandre à leur seul profit. Dès lors, ces nouveaux et «vrais artistes» s’érigent en modèles en retour bien rémunérés, dans les mains des DÉCIDEURS de l’intérêt et de la valeur des oeuvres.

La réinsertion des activités artistiques dans l’enseignement fondamental (au jardin d’enfant, c’est parfait) au secondaire doit être amplifié au maximum: c’est un VOEU PIEUX.

A qui confier cette formation importante?

Quand aux subsides: seuls quelques centres culturels subventionnés absorbent la majorité des subsides tel le GRAND HORNU (espace remarquable), il prétend être le diffuseur des tendances contemporaines valables or, il est le théâtre des AVANT-GARDISMES les plus pointus.

Est-il suivi par la majorité des citoyens?

J’ai cru, il y a quelques années que nous avions atteint le fond du panier, force est de constater que le panier est sans fond. Cette décadence n’est pas le fait de l’art seul, tout se tient: on bafoue la morale, le sacré, l’immortalité, pire l’AMORALITÉ règne à tous les niveaux de la société. Sous le couvert de l’art tout est permis à l’artiste consacré: déchets et autres rebuts.

Telles sont les déviations amorcées dès les dadaïstes, l’art abstrait de Malevitch, de Mondrian et aux U.S.A. dès les années 1940. Duchamps «La pissotière» et autres Rothko. Un art viril, portrait de la GRANDE AMÉRIQUE largement diffusé par le MOMA  et exploitée par le capital ROKEFELLER et autres milliardaires, capitaines d’industries facilitée par l’inculture de ceux-ci.

L’inculture a gagné la société européenne.

Ce souffle américain a pénétré en Europe et y fait les ravages de la surenchère dont nous sommes les témoins indifférents sauf pour les instances officielles Editeurs d’art dont l’ART MÊME distribué gratuitement aux artistes (revue pointue et peu lisible: je n’en connais pas le coût). Que cette revue veuille valoriser l’ART CONTEMPORAIN c’est son droit mais quelle refuse de considérer les MARGINAUX qui ne veulent pas se soumettre aux slogans contemporains, je trouve cela profondément injuste.

Hélas, DÉMOCRATIE = NIVELLEMENT par le bas. La liberté d’accès aux oeuvres de qualité dans toutes les disciplines est bafouée.

Un rééquilibrage est nécessaire, serait-ce un souhait pieux? Je doute qu’un parti politique, quel qui soit suffisamment désintéressé puisse y parvenir. Le programme du M.R. semble prometteur mais trop d’intérêts sont en jeu.

Je dénonce surtout les suiveurs qui suivent aveuglément ces mouvements contemporains dans l’unique but de se FAIRE valoir le plus rapidement possible sans connaissance ni formation. Je dénonce surtout les exploiteurs de la naïveté qui ne considèrent que leur intérêt. Je n’ai pas de solution. Mon travail parle pour moi. J’ai 81 ans et je suis fier d’avoir refusé la TENTATION DU RIEN.

Je termine par cette phrase qui clôt le livre «La grande falsification» de l’art contemporain du Professeur Harouel. Je lis: «En attendant, le projet d’un tableau reproduisant et transfigurant le réel par le seul miracle de l’oeil et de la main constitue en art l’idée la plus révolutionnaire qui soit».

Roger COPPE

Novembre 2011